Les fontaines de la République

 

Place de la République Marianne fièrement dressée sur son socle contemple Paris mais connaissez-vous "l’histoire d’eau" de cette deuxième plus vaste place parisienne ?

Métro République, la sortie 4 "boulevard de Magenta" donne accès à la rue du château d’eau mais n’y cherchez pas une tour coiffée d’un réservoir comme celle que l’on croise souvent à la campagne et parfois en ville, à Paris à proximité du métro Télégraphe.

Sans eau potable, pas de ville. Eau de la Seine, eau de Belleville puis eau du canal Saint-Martin de l’ingénieur Pierre-Simon Girard à qui l’on doit également la fontaine installée en 1811, sur une petite place en hauteur, si bien qu’elle exerçait la fonction d’un château-d’eau, par analogie la place devint celle du château d’eau.

L’eau provenant du canal Saint-Martin surgissait d’une tige ornée de feuilles pour descendre dans les cinq bassins concentriques étagés. Autour du monument quatre paires de lions crachaient de l’eau. Déplacée en 1867 aux nouveaux abattoirs de la Villette cette "fontaine aux lions de Nubie" trône aujourd’hui à l’entrée du parc de la Villette (métro porte de Pantin). Quid alors pour les Parisiens de l’eau potable et gratuite après le déplacement du "château d’eau" ?

Une seconde fontaine également ornée de huit lions (Gabriel Davioud) remplace en 1879 la première. Cette deuxième "fontaine aux lions" est aujourd’hui au centre de la place Félix Eboué (métro Daumesnil). Même première implantation, même décoration animalière, nom proche et même destinée si bien qu’il arrive parfois que l’on confonde ces deux fontaines aux lions même si celle de la Villette toujours en eau est facilement accessible alors que la seconde n’a pas cette chance.

Les travaux haussmanniens ont eu raison de la place du château d’eau devenue celle de la République en 1879. Nulle trace d’eau à présent et seul le lion du socle du "Monument de la République" inauguré le 14 juillet 1883 évoque peut-être ceux des deux anciennes fontaines. Faute d’eau du haut de ses vingt-cinq mètres la Marianne des frères Morice en a vu s’écouler des marées… humaines lors de grandes manifestations.

 

 

Par Patrice Gautier

Les gares de Paris

 

Chacun de nous a au moins une gare dans la tête, souvenir d’un départ heureux ou malheureux, rêve de voyage, retrouvailles ... 

Les parisiens peuvent s’offrir le luxe d’en avoir plusieurs car notre capitale a compté jusqu’à 50 gares et il nous en reste 36. Si les gares terminus des grands réseaux de chemins de fer nationaux sont archi-connues, d’autres plus modestes mais néanmoins fort intéressantes et souvent chargées d’histoire, méritent d’être découvertes.

Parmi elles, les gares du chemin de fer de ceinture dont la construction fut décidée en 1851 pour relier les différents réseaux qui aboutissaient à Paris en cul-de-sac et assurer le transfert des trafics de province à province : marchandises et voyageurs dont une catégorie particulière de voyageurs, les militaires.

Cette ligne fut construite au-delà de l’enceinte fiscale des Fermiers Généraux sur les communes alors limitrophes de Paris dont les gares portent le nom : Grenelle, Charonne, Vanves….

En 1900, La ligne comportait 29 stations et transportait 39 millions de voyageurs. Des trains prestigieux tels que La Malle des Indes, la Flèche d’Or, le Train Bleu l’empruntaient pour relier la gare du Nord et la gare de Lyon. Concurrencé par le métro et les autobus, le service voyageur cessa en juillet 1934. 

Au hasard de vos promenades, ne manquez pas la gare de Montrouge-Ceinture, récemment rénovée ni Ouest-Ceinture (ancienne gare de Vanves) qui assurait la correspondance entre le chemin de fer de ceinture et les trains venant de la gare Montparnasse. 

Découvrez aussi les gares de l’ancienne ligne d’Auteuil : Pont-Cardinet (ancienne gare des Batignolles) et ses mosaïques Art Déco ou encore l’élégante gare de l’avenue Foch, un pavillon en pierre de taille qui accueillit plusieurs têtes couronnées en visite officielle – Victor-Emmanuel III d’Italie, Alphonse XIII d’Espagne, George VI de Grande-Bretagne- sur une des voies dite « voie des souverains ».

A la station Luxembourg ou Cité Universitaire, souvenez-vous de l’ancienne ligne de Sceaux, autrefois synonyme d’évasion dominicale des parisiens.

Enfin réservez une visite à la gare de Javel, seule rescapée parisienne de la ligne des Moulineaux, ravissant bâtiment de style pagode aux décors de briques et céramiques colorées. C’est l’ancienne gare du Pont Mirabeau, toute en poésie naturellement.

 

 

Par Annette Gogneau

Il était une fois sur la Butte Montmartre ?

 

Bien sûr pour le monde entier Paris c’est la Butte Montmartre, de près c’est mieux mais au moins de loin et en photo avec tout en haut à 130 m d’altitude le sacré Cœur et ses deux témoins le campanile et le château d’eau.

 

En effet sur cette Butte, beaucoup de choses vont par trois : les églises avec le Sacré Cœur, Saint Jean, et Saint Pierre, les cimetières de Montmartre, Saint Vincent et du calvaire, Saint Denis et ses deux compagnons Saint Rustique et Saint Eleuthère les moulins, au premier rang le moulin Rouge, celui de la galette et le Radet. Mais ce que l’on sait moins c’est qu’une foultitude d’artistes en tout genre ont forgé un langage commun celui des poètes de la Butte, désormais partagé par beaucoup.

Dans le genre, vous ne manquerez pas de remarquer à trois pas de la place du Tertre, trois établissements, plus précisément leurs noms sortis tout droit du langage des poètes de la Butte qui, on le sait bien, associent souvent plaisirs en tout genre bonne chair et bons mots, mais pas toujours bonne foi.

D’abord La Bonne Franquette, rue Rustique anciennement Aux billards en bois, les puristes vous diraient que cela vient du vieux français franc, du terroir, opposé à "à la française" plus Classe ! Mais pas du tout. C’est Francisque Poulbot, l’artiste, déjà célèbre, croqueur des fameux petits chenapans de la Butte, les Poulbots, grand amateur de billard, qui en y fixant rendez-vous à ses amis dans la bonne humeur, lui a donné ce nom en 1925 et en a ainsi parrainé l’usage...

A peine à coté, à une douzaine de grands pas, place du Calvaire, Chez Plumeau. Là encore drôle d’histoire, même si certains disent que dans le temps, à l’époque d’Aristide Bruant, plumeau venait de Plume patte, nom propre d’un barbier ou d’un fripier ! Mais non mais non, Plumeau c’est encore un coup de Francisque Poulbot. Il donnait rendez-vous à ses amis, pas les mêmes, mais artistes aussi dans le restaurant du coin "Au coucou", nom intéressant, mais ce sera pour une autre fois. Le restaurant se transforme en cabaret et Francisque le baptise "Chez Plumeau" parce que les spectacles décoiffaient et les humoristes faisaient voler la poussière.

 

La réputation aidant, les gens de la Haute, pas ceux de la Butte, venaient se faire voir chez Plumeau dans leurs beaux habits, alors que les autres, les miséreux qui n’avaient pas le droit d’entrer venaient regarder le spectacle par la fenêtre en quelque sorte se faire rhabiller Chez Plumeau.

Mais l’histoire de cabaret que je préfère à 24 pas de là c’est celle de Tartempion dans le haut de la rue du Mont Cenis.de l’autre côté de la Butte.

Evidemment vous trouverez toujours des contradicteurs ! Alors écoutons en certains ; d’abord cette enseigne n’existait pas au moment de l’histoire ! C’est peut-être possible. Ce mot aurait été utilisé dans le journal bien connu Charivari, ce n’est pas totalement faux. Les plus tenaces ont prétendu que ce mot viendrait de tarte ; ils ne se sont pas foulés ou du Tartuffe de Molière qui aurait perdu quelques lettres mal placées, dans la côte lorsque l’auteur serait venu rendre visite aux artistes du coin. Il y en a même qui ont affirmé que la première partie du mot viendrait tout simplement du béret des chasseurs alpins ! j’avoue que cette explication est un peu tartignole. Les propositions en tout genre pour la seconde partie n’ont pas manqué non plus !

Celle du pion du jeu d’échec qu’on pousse en première ligne pour se le faire damer même si elle m’est sympathique ne tient pas la route par rapport à la véritable origine de cette expression ; En effet et je la tiens de source sure, celle de voisins de voisins. Dans les années 50, une discussion sérieuse a eu lieu entre la propriétaire du cabaret "Chez Patachou", artiste très célèbre en ce temps-là et son mari, qui ne le sera plus pour longtemps :

 

"- Je refuse que le cabaret garde mon nom !

 - Ah bon et comment je vais faire ? »

 - Tu n’as qu’à l’appeler…l’appeler, l’appeler ; Tartempion"

… Celui dont on a oublié le nom ou que l’on n’a jamais su...

 

 

Par Daniel Ramey

Le bassin de la Villette : de l’industrie aux loisirs.

 

 

Après le confinement et avant la reprise des Panamée® cette mise en jambes autour du bassin de la Villette permet d’en savoir un peu plus sur le premier plan d’eau parisien qu’inaugure en 1808 le Premier consul Napoléon Bonaparte. Construit pour alimenter Paris en eau potable il changera de fonctions au fil des évolutions économiques.

Départ au métro Jean Jaurès, "rue d’Allemagne" avant que le chef des socialistes ne soit assassiné à l’aube de la Grande Guerre. A proximité le temple gréco-romain "la rotonde de Ledoux" son architecte (1736-1806). C’était l’un des bureaux d’octroi du "Mur des Fermiers Généraux" mur fiscal qui, au grand dam des Parisiens, permettait de taxer tout ce qui rentrait dans la ville. Mur rasé en 1860 lors de l’annexion, ici, du village de la Villette à Paris.

Au XIXème siècle de nombreuses usines s’installent à proximité du bassin de la Villette où arrivent, par voie d’eau, charbon du nord et produits agricoles (blé, légumes, sucre brut…) si bien que le bassin fut le quatrième port de commerce français jusqu’aux années soixante où le pétrole remplaçant le charbon entraîne son déclin. Restent de ce passé industriel le pont de Crimée au tablier levant et deux entrepôts réhabilités, le premier quai de la Seine en auberge de jeunesse, le second quai de la Loire en résidence universitaire. Demeurent également disséminés le long des quais des anneaux d’amarrage, sauf qu’aux navires de transport, se sont substituées des péniches (restaurants, bar à vin, spectacle).

Friches industrielles, squats, toxicomanie, déshérence sociale "la Villette", on disait alors "Stalingrad" a eu mauvaise réputation. Que faire pour redorer son blason ? Marin Karmitz fit le pari de tranformer l’ancien entrepôt métallique du quai de la Seine en complexe cinématographique "MK 2" agrémenté de cafés aux larges terrasses ouvrant sur le bassin, pari risqué, pari tenu puisqu’une seconde salle "MK 2" ouvre de l’autre côté du bassin quai de la Loire. 

"Le Zéro de conduite", une navette fluviale, électrique relie les deux salles, de l’esplanade Jeanne Moreau, quai de la Seine à la promenade Jean Vigo, quai de la Loire d’où quelques marches conduisent à la première des neuf écluses du canal Saint Martin.

De l’industrie aux loisirs ! Reconversion réussie à voir le nombre des promeneurs qui s’y presse… Même en période de confinement !

 

 

Par Patrice Gautier

La marguerite des Buttes-Chaumont

 

Comme "les feuilles mortes" - Jacques Prévert - marguerites et pâquerettes se "ramassent à la pelle" sur les pelouses des parcs et jardins parisiens… mais "Saviez-vous" qu’aux Buttes-Chaumont une curieuse marguerite sortit de terre ? 

Butte Bergeyre (Colonel Fabien, ligne 2) butte du Chapeau-Rouge (Pré Saint Gervais, ligne 7 bis) et butte Chaumont (Botzaris, ligne 7 bis) … Pas de doute nous sommes sur les hauteurs parisiennes de la rive droite. Ici, au mont chauve sur lequel rien ne poussait, Jean Charles Alphand, chef au service des promenades de la ville de Paris, réalisa en deux ans (1865-67) dans un quartier excentré à la mauvaise réputation ce verdoyant parc des "Buttes-Chaumont".

Lorsqu’il ouvre rue de la Villette (1890) sa boutique de matériel optique Léon Gaumont (1864-1946), ingénieux et curieux, esquisse peut-être "aux buttes" les plans du futur appareil capable de projeter des images animées : une sacrée révolution. Mais faut-il encore fabriquer les images ! 

C’est pour cela que naît le premier studio de la Gaumont… Au fond d’un jardin un modeste appentis ouvert à la lumière naturelle indispensable à la prise de vue. Ensuite tout s’enchaîne : le meilleur – de grands succès populaires "Fantômas" de Louis Feuillade et le pire – la démolition de l’usine à rêves (1996). Aujourd’hui difficile d’imaginer que les immeubles du Cours du 7ème art aient été construits à l’emplacement des imposants studios de la Gaumont… 

D’autant qu’aucune plaque ne rappelle leur existence ! Reste de ces studios un ancien bâtiment en pierre de meulières (fondation de la croix Saint Simon, 55 rue du plateau) où à travers le portail d’entrée on aperçoit sur le sol carrelé un grand "G" entouré de marguerites… Marguerite stylisée que l’on retrouve aujourd’hui au début du générique des films de la Gaumont puisque, si les studios ont été rasés, la Gaumont réalise toujours des films…… Ailleurs ! Mais alors qu’en est-il du mystère de la marguerite ? C’est au proche cimetière de Belleville (métro télégraphe ligne 11) où Léon et sa mère Marguerite reposent que se cache la clé de l’énigme !

Nouvelle énigme :

Le coq l’a emporté sur la marguerite.

Réponse : contrairement à ceux de la Gaumont Les studios Pathé, rue Francoeur (Paris 18) n’ont pas été détruits. Comme quoi !!!

 

 

 

Par Patrice Gautier

Dans les rues de Paris, il est parfois difficile de s’orienter !

 

La Seine sépare Paris du nord au sud en deux rives et s’écoule d’est en ouest. La rive droite rassemble les arrondissements situés au nord de la Seine, la rive gauche ceux du sud.

 

En 1805 Napoléon 1er ordonne la numérotation des rues de Paris, tâche qu’il confie au préfet Frochot. (Décret toujours en vigueur de nos jours.)

En 1805 Napoléon 1er ordonne la numérotation des rues de Paris, tâche qu’il confie au préfet Frochot. (Décret toujours en vigueur de nos jours.)

 

Ainsi les bâtiments de toutes les rues perpendiculaires ou obliques à la Seine sont numérotés depuis la Seine vers les quartiers périphériques, et ceux des rues parallèles au fleuve, le sont dans la sens du courant soit d’est en ouest. Dans les deux cas les numéros pairs sont toujours à droite et les numéros impairs à gauche de la rue. 

Si la voie est perpendiculaire ou oblique à la Seine, le premier numéro commence du côté le plus proche de la Seine. Dans ce cas, le marcheur en s’éloignant du fleuve a à sa droite les numéros pairs et à sa gauche les numéros impairs. Un exemple au hasard, 6 rue Paulin Enfert dans le 13ème :

Il est situé rive gauche dans une rue perpendiculaire à la Seine, donc au début de la rue à partir de la Seine et côté droit de la rue.

Si la rue est parallèle, la numérotation suit un ordre croissant en suivant le sens du courant de la Seine. Les numéros pairs sont alors à la droite et les numéros impairs à la gauche du Panameur marchant dans le sens du courant.

 

Si cette méthode de repérage vous semble compliquée : aller au hasard ou autre solution : interroger un parisien, il se fera un plaisir de vous renseigner.

 

 

 

Par Christiane Dezothez

Victor Hugo et l’avenue raccourcie

 

Eylau, ville de Prusse mais surtout lieu d’une bataille remportée par Napoléon 1er en 1807, donna d’abord son nom à l’avenue de Saint-Cloud (ancienne départementale n° 64). Elle était longue de 1765 mètres.

En 1878, Victor Hugo s’installa au n° 50 avec Juliette Drouet. Le poète connut de son vivant une très forte reconnaissance populaire et officielle et en 1881, l’avenue d’Eylau fut rebaptisée avenue Victor Hugo.  Ainsi pouvait-on libeller le courrier : « M. Victor Hugo en son avenue à Paris ».

A l’actuel numéro 124, un immeuble élevé en 1907 par Pierre Humbert, célèbre architecte qui a construisit plusieurs bâtiments de cette avenue, a remplacé l’hôtel particulier du poète décédé en 1885. Mais un bas-relief de Fonquergne et une plaque y conservent son souvenir et au carrefour avec l’avenue Henri Martin, a été installée la statue d’Auguste Rodin Victor Hugo et les muses. 

De nombreuses personnalités ont vécu dans cette avenue, signalons particulièrement au n° 94 Ignacy Paderewski, pianiste, compositeur et homme d’état polonais qui y habitat de 1889 à 1906. Premier Ministre et ministre des affaires étrangères, il fut le chef de la délégation polonaise qui signa les traités de Versailles le 28 juin 1919, consacrant la reconnaissance et l’indépendance de son pays.

Le nom d’Eylau ne s’est pas perdu ; il a été donné à une autre voie ouverte en 1886 entre la place du Trocadéro et le rond-point de Longchamp (actuelle place de Mexico), c’est l’avenue d’Eylau que nous connaissons aujourd’hui. D’une longueur bien plus modeste que l’avenue Victor Hugo, elle ne mesure que 300 mètres.

Ainsi, Victor Hugo, seul écrivain à avoir eu de son vivant une avenue à son nom à Paris, au surcroît celle où il habitait, a été involontairement à l’origine du raccourcissement drastique d’une autre avenue parisienne.

 

 

 

Par Annette Gogneau

L’ESTRAPADE

  

Dans le 5ème arrondissement, près du Panthéon, la place de l’Estrapade est charmante et ombragée. Connaissez-vous l’origine de son nom ? 

Au 17ème siècle, c’était l'endroit où était appliqué aux soldats déserteurs le supplice de l'estrapade. Hissé par une corde au sommet d'une haute potence, le condamné, un poids aux pieds et mains liées derrière le dos, était lâché au sol, autant de fois que nécessaire, jusqu'à son décès. Le supplice fut supprimé en 1776.

La rue de l’Estrapade est riche de souvenirs littéraires.

 

En 1747, Diderot emménage au deuxième étage du n° 3. C’est là que le 24 juillet 1749, le Commissaire du Châtelet, Miché de Rochebrune vient l’arrêter au motif qu’il avait publié Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient un brûlot athéiste. Il sera enfermé trois mois au donjon de Vincennes.

En 1942 après la réquisition par les Allemands de sa maison de Garches, l’éditeur Bernard Grasset s’installe au n° 7 dans l’hôtel Bony, un très bel appartement avec des fresques du XVIIème siècle. A la Libération, accusé de collaboration, il est condamné à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens ; il retrouvera ses droits et sa maison d’’édition en 1949.

Au n° 21, Charles Péguy vient habiter chez sa belle-mère en 1897. Il publie Jeanne d’Arc. En 1907, c’est Louis Pergaud qui emménage dans les lieux. Il obtient le prix Goncourt en 1910 pour son premier roman De Goupil à Margot puis devient célèbre avec La Guerre des boutons.

 

 

Par Annette Gogneau