Dans les rues de Paris, il est parfois difficile de s’orienter !

 

La Seine sépare Paris du nord au sud en deux rives et s’écoule d’est en ouest. La rive droite rassemble les arrondissements situés au nord de la Seine, la rive gauche ceux du sud.

 

En 1805 Napoléon 1er ordonne la numérotation des rues de Paris, tâche qu’il confie au préfet Frochot. (Décret toujours en vigueur de nos jours.)

En 1805 Napoléon 1er ordonne la numérotation des rues de Paris, tâche qu’il confie au préfet Frochot. (Décret toujours en vigueur de nos jours.)

 

Ainsi les bâtiments de toutes les rues perpendiculaires ou obliques à la Seine sont numérotés depuis la Seine vers les quartiers périphériques, et ceux des rues parallèles au fleuve, le sont dans la sens du courant soit d’est en ouest. Dans les deux cas les numéros pairs sont toujours à droite et les numéros impairs à gauche de la rue. 

Si la voie est perpendiculaire ou oblique à la Seine, le premier numéro commence du côté le plus proche de la Seine. Dans ce cas, le marcheur en s’éloignant du fleuve a à sa droite les numéros pairs et à sa gauche les numéros impairs. Un exemple au hasard, 6 rue Paulin Enfert dans le 13ème :

Il est situé rive gauche dans une rue perpendiculaire à la Seine, donc au début de la rue à partir de la Seine et côté droit de la rue.

Si la rue est parallèle, la numérotation suit un ordre croissant en suivant le sens du courant de la Seine. Les numéros pairs sont alors à la droite et les numéros impairs à la gauche du Panameur marchant dans le sens du courant.

 

Si cette méthode de repérage vous semble compliquée : aller au hasard ou autre solution : interroger un parisien, il se fera un plaisir de vous renseigner.

 

 

 

Par Christiane Dezothez

Victor Hugo et l’avenue raccourcie

 

Eylau, ville de Prusse mais surtout lieu d’une bataille remportée par Napoléon 1er en 1807, donna d’abord son nom à l’avenue de Saint-Cloud (ancienne départementale n° 64). Elle était longue de 1765 mètres.

En 1878, Victor Hugo s’installa au n° 50 avec Juliette Drouet. Le poète connut de son vivant une très forte reconnaissance populaire et officielle et en 1881, l’avenue d’Eylau fut rebaptisée avenue Victor Hugo.  Ainsi pouvait-on libeller le courrier : « M. Victor Hugo en son avenue à Paris ».

A l’actuel numéro 124, un immeuble élevé en 1907 par Pierre Humbert, célèbre architecte qui a construisit plusieurs bâtiments de cette avenue, a remplacé l’hôtel particulier du poète décédé en 1885. Mais un bas-relief de Fonquergne et une plaque y conservent son souvenir et au carrefour avec l’avenue Henri Martin, a été installée la statue d’Auguste Rodin Victor Hugo et les muses. 

De nombreuses personnalités ont vécu dans cette avenue, signalons particulièrement au n° 94 Ignacy Paderewski, pianiste, compositeur et homme d’état polonais qui y habitat de 1889 à 1906. Premier Ministre et ministre des affaires étrangères, il fut le chef de la délégation polonaise qui signa les traités de Versailles le 28 juin 1919, consacrant la reconnaissance et l’indépendance de son pays.

Le nom d’Eylau ne s’est pas perdu ; il a été donné à une autre voie ouverte en 1886 entre la place du Trocadéro et le rond-point de Longchamp (actuelle place de Mexico), c’est l’avenue d’Eylau que nous connaissons aujourd’hui. D’une longueur bien plus modeste que l’avenue Victor Hugo, elle ne mesure que 300 mètres.

Ainsi, Victor Hugo, seul écrivain à avoir eu de son vivant une avenue à son nom à Paris, au surcroît celle où il habitait, a été involontairement à l’origine du raccourcissement drastique d’une autre avenue parisienne.

 

 

 

Par Annette Gogneau

L’ESTRAPADE

  

Dans le 5ème arrondissement, près du Panthéon, la place de l’Estrapade est charmante et ombragée. Connaissez-vous l’origine de son nom ? 

Au 17ème siècle, c’était l'endroit où était appliqué aux soldats déserteurs le supplice de l'estrapade. Hissé par une corde au sommet d'une haute potence, le condamné, un poids aux pieds et mains liées derrière le dos, était lâché au sol, autant de fois que nécessaire, jusqu'à son décès. Le supplice fut supprimé en 1776.

La rue de l’Estrapade est riche de souvenirs littéraires.

 

En 1747, Diderot emménage au deuxième étage du n° 3. C’est là que le 24 juillet 1749, le Commissaire du Châtelet, Miché de Rochebrune vient l’arrêter au motif qu’il avait publié Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient un brûlot athéiste. Il sera enfermé trois mois au donjon de Vincennes.

En 1942 après la réquisition par les Allemands de sa maison de Garches, l’éditeur Bernard Grasset s’installe au n° 7 dans l’hôtel Bony, un très bel appartement avec des fresques du XVIIème siècle. A la Libération, accusé de collaboration, il est condamné à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens ; il retrouvera ses droits et sa maison d’’édition en 1949.

Au n° 21, Charles Péguy vient habiter chez sa belle-mère en 1897. Il publie Jeanne d’Arc. En 1907, c’est Louis Pergaud qui emménage dans les lieux. Il obtient le prix Goncourt en 1910 pour son premier roman De Goupil à Margot puis devient célèbre avec La Guerre des boutons.

 

 

Par Annette Gogneau